Les principales caractéristiques de la ville sont les suivantes
:
• Les remparts dont la majeure partie de la section
nord est toujours présente.
• Les portes de la ville et plus particulièrement la
porte
ornementale de la Marine (1170-1171).
• Les bastions et les forts (borjs), en particulier la
Sqala du Port, la Sqala de la Médina et le bastion de
Bab Marrakech.
• La Kasbah qui fut à l’origine le siège
du pouvoir et
de la garnison militaire et qui fait à présent partie
intégrante de la ville.
• Le Mellah (quartier juif) qui a conservé nombre de
ses spécificités d’origine.
• La prison, située sur une île au large du littoral
(à
présent le refuge d’oiseaux rares tels que des
faucons).
• Les nombreuses mosquées de style caractéristique.
• Les synagogues (en particulier la synagogue de
Simon Attias), garantes du dynamisme des habitants
juifs.
• L’église portugaise de la fin du XVIIIe siècle.
• Dar-Sultan (ancien palais royal).
• Les demeures privées au charme particulier.
Le port d’Essaouira est accessible par un étroit chenal
protégé.
Il est bordé de grandes étendues de dunes de sable
au-delà
desquelles se trouvent les forêts d’argan (Argania spinosa),
uniques au Maroc.
Il n’existe à l’heure actuelle aucune étude
ou inventaire précis
des édifices des trois quartiers (avec descriptions, plans,
etc.)
mais ce point est essentiel pour les futurs projets de restauration
et de conservation.
Essaouira constitue un excellent exemple de l’adaptation des
principes de conception urbaine et de fortification de l’Europe
du XVIIIe siècle au monde musulman.
Observations de l'ICOMOS
Au moment de la première évaluation du bien en 1996,
l’ICOMOS était soucieux du fait qu’il n’existait
aucun
programme de restauration et de préservation de cette ville,
et
en particulier de ses fortifications, ni de programme d’étude
et
d’inventaire des édifices et monuments existants. Il
était
également convaincu que la ville ne possédait pas
la “ valeur
universelle exceptionnelle ” nécessaire à l’inscription
sur la
Liste du patrimoine mondial.
En conséquence, l’ICOMOS avait recommandé au
Bureau du
Comité du Patrimoine mondial, à l’occasion de
sa vingtième
session à Paris en juin 1996, que ce bien ne soit pas inscrit
sur
la Liste du Patrimoine mondial. Toutefois, le Bureau avait
décidé de différer l’examen de cette
proposition d’inscription
jusqu’à sa vingt-et-unième session, afin de
permettre aux
autorités marocaines de présenter des éléments
d’information
complémentaires sur le site. L’ICOMOS ayant reçu
ces
informations complémentaires, une deuxième mission
fut
entreprise en avril 1997.
Bien que la mission de 1997 a confirmé les réserves
de
l’ICOMOS, exprimées ci-dessus, concernant la conservation
et
le gestion d’Essaouira, elle a divergé sur l’opinion
que le bien
ne possédait pas de “ valeur universelle exceptionnelle
”. Elle a
souligné le fait que les fortifications sont d’une
qualité
exceptionnelle mais aussi que le tissu urbain tout comme le
mode de vie traditionnel ont survécu intacts.
À la 21ème session du Bureau à Paris en juin
1997, l’examen de
cette proposition d’inscription avait été différé,
pour permettre
à l’État partie de formuler et de mettre en
oeuvre un plan de
gestion.
L’ICOMOS
a reçu une proposition d’inscription révisée
en
juillet 2000 et une troisième mission d’expertise a
visité
Essaouira. Le rapport de cette mission s’est révélé
favorable :
une protection législative appropriée est désormais
en vigueur
et un plan de gestion de conservation est en cours de mise en
oeuvre.